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Textes nomades

Marc Rölli. La part de l’immanence. Or what Deleuze takes from Kant and Heidegger Retour à la table des matières

Like no other, Gilles Deleuze insisted that a philosopher’s first task was to construct a plan of immanence. In contrast to religion, which is oriented towards transcendence, philosophy begins with an observation, with the opening of a problem that calls for reflection, that is, with the implicit prerequisite of immanence, which is immanent to itself. „Procédons sommairement : nous considérons un champ d’expérience pris comme monde réel non plus par rapport à un moi, mais par rapport à un simple „il y a“. Il y a, à tel moment, un monde calme et reposant. Surgit soudain un visage effrayé […].“ This draft of a sensual world populated by events which touch upon the subjective space of experience opens the chapter concerning concepts in Deleuze and Guattari’s Qu’est-ce que la philosophie ? Philosophical concepts relate to problems or inner conditions, and thus they relate to a background of latent presumptions or to an intuitive understanding of immanence. Lire la suite…

Gérard Lebrun et le devenir de la philosophie, par BentoPrado Junior Retour à la table des matières

Dans un compte rendu de L’envers de la dialectique (Ed. Du Seuil, 2004) publié dans Lire, Jean Blain écrit : “Avant de devenir professeur à l’université d’Aix-en-Provence, où il enseigna presque jusqu’à sa mort, il avait exercé son art pendant près de vingt ans au Brésil – où il est infiniment plus connu que chez nous – et notamment à l’université de São Paulo”. Il y va peut-être un peu d’exagération dans le mot “infiniment” mais il est certain que l’impact de l’oeuvre de Lebrun et de son enseignement a été énorme parmi ses collègues et ses élèves dans notre Pays . Et c’est bien cet impact à plusieurs dimensions qui sera l’objet de cette conférence. J’y parlerai de l’influence que j’ai, moi-même, subi au long de presque quarante années d’amitié et d’interminables conversations, mais aussi sur un point d’une éventuelle divergence qui écarterait un peu mes derniers écrits du chemin ouvert par l’oeuvre admirable de Gérard Lebrun. La triste nouvelle de la mort de Lebrun m’a surpris au milieu d’un travail, quand je prenais des notes à propos d’une question qui m’obsède il y a quelque temps. Sous le coup de l’émotion, j’ai repris immédiatement les écrits de Lebrun, découvrant avec une injustifiable surprise – oh, ce que la mémoire nous manque ! -, combien mes sujets et problèmes d’alors devaient à l’enseignement de mon ami à la rue Maria Antonia depuis la lointaine décade de 60. C’est dans les livres à cette époque ancienne encore inédits sur Kant et Hegel que j’ai redécouvert, à la fin du siècle, dans une seconde lecture, une interrogation continuelle à laquelle j’avais été fort sensible, sans pleine conscience de son sens et de sa force, dans des exposés qui ont précedé leur publication. Lire la suite…

Biopolitica e coscienza. Riflessioni intorno all’ultimo Deleuze (Filosofia Politica 1/2006, il Mulino, Bologna), par Gaetano Rametta Retour à la table des matières

Il problema della coscienza non sembra essere direttamente implicato in una discussione sul concetto e la pratica della biopolitica. In effetti, il dispositivo biopolitico sembra investire direttamente e primariamente la dimensione dei corpi. In essi, la costituzione materiale del potere, che travalica, pur contenendola al suo proprio interno, la dimensione istituzionale dello Stato, produce e sostiene la conservazione e lo sviluppo dei viventi, innanzitutto nella forma che questi assumono nell’organismo dell’uomo. La dimensione dell’organico è assunta dal biopotere come suo oggetto privilegiato, ma in pari tempo come condizione della propria produttività. L’energia dei corpi si trova così potenziata, sostenuta e rilanciata dall’insieme di quegli stessi dispositivi che in pari tempo la disciplinano, dominandola. Ora, questo intreccio tra produttività e disciplina, tra movimento costituente del biopotere e dinamiche espressive di soggettività, è costretto a trovare un punto ulteriore di innesto nella colonizzazione e nel potenziamento della sfera dell’immaginario. E’ la società dello spettacolo, in cui l’immaginazione si fa essa stessa corpo biologico, nel momento in cui quest’ultimo risulta vieppiù indiscernibile dalle sue protesi artificiali. Lire la suite…

Textes des Journées sur L’ANTI-OEDIPE de Deleuze et Guattari (journées d’études du 2 et 3 décembre 2005 à l’Université de Poitiers) Retour à la table des matières


- Les enregistrements video des journées de Poitiers sont accessibles à partir de la rubrique "Documents audio/video".
- L’ensemble des textes remaniés ainsi que une retranscription des débats sont publiés dans la nouvelle collection ChampContreChamp aux éditions MetisPress/Mimesis, sous le titre "Ateliers sur L’Anti-Oedipe" (Nicolas Cornibert et Jean-Christophe Goddard (ed)) (Diffusion : Librairie J.Vrin). Le volume est dédié à la mémoire de François Zourabichvili. La revue Klésis publie un numéro d’hommage à François Zourabichvili.

L’écriture littérale de L’anti-Œdipe, par François Zourabichvili . Je parlerai essentiellement du 1er § d’AOE, en demandant : comment caractériser ce mode d’écriture ? - Un mot s’impose, parce que c’est celui qui qualifie toujours chez Deleuze le tour que prend l’immanence quand il s’agit de la philosophie, ie en tant qu’elle n’est pas seulement une thèse de la philosophie mais une façon d’articuler le discours de la philosophie, une pratique philosophique : littéralité. - En effet, l’immanence n’est pas quelque chose qui puisse s’affirmer sans se faire (il serait contradictoire d’en donner simplement une représentation, elle qui subvertit l’ordre de la représentation pour lui substituer la production). - Faire l’immanence en philosophie, dans cette discipline qui est une discipline de langage, c’est – Deleuze avec et sans Guattari n’a cessé de le répéter, sans jamais vraiment le thématiser – un certain usage du langage, à savoir : parler, écrire et lire littéralement. Lire la suite…

Capitalisme et psychanalyse : l’agencement de subjectivation familialiste, par Stéphane Legrand et Guillaume Sibertin-Blanc . La question du familialisme marque l’un des principaux lieux de la critique de la psychanalyse menée par Deleuze et Guattari dans L’anti-Œdipe. D’un premier point de vue, le familialisme qualifie la technique psychanalytique d’interprétation des symptômes comme articulations signifiantes de conflits psychiques. Il est alors reproché à la psychanalyse de méconnaître la véritable nature du désir inconscient et la nature du champ d’investissement qui en forme la réalité objective, le champ social historique, suivant la thèse rectrice que le désir investit immédiatement les forces et les rapports de la production sociale, et non pas de manière secondaire, dérivée, substitutive, en fonction d’investissements d’instances parentales imaginaires et/ou symboliques qui seraient déterminantes par leur primauté sur un axe psychogénétique ou par leur rôle d’organisateur symbolique sur un plan structural . Lire la suite…

L’anti-Œdipe : du « livre de philosophie politique » à la politique du livre philosophique , par Arnaud Bouaniche. L’anti-Œdipe paraît en 1972, à un moment de son œuvre que Deleuze analyse rétrospectivement comme « une sorte de passage à la politique », selon la formule fameuse d’un entretien de 1986 . Ce « passage » s’effectue, comme on sait, sous la triple contrainte 1/ d’un événement, celui de Mai 68, 2/ d’une rencontre, avec Félix Guattari, et 3/ à travers ce dernier, d’une ouverture sur une riche expérience pratique, principalement dans les domaines de la psychiatrie et du militantisme. Mais ce que l’on voudrait montrer, c’est que ce « passage à la politique » s’accomplit à travers une nouvelle conception du livre de philosophie, celui-ci ne gagnant pas un contenu politique sans que, dans le même temps, il ne prenne lui-même une puissance d’intervention pratique. Dans le même entretien de 1986, Deleuze, sans en avoir l’air, attire l’attention sur l’importance du livre. Lire la suite…

L’Anti-Oedipe. Capitalisme et schizophrénie, par Florence Cayemaex. On désigne habituellement l’ouvrage que Deleuze et Guattari ont publié en 1972 par son titre le plus immédiatement visible : L’Anti-Œdipe. Mais ce n’est là, en réalité, qu’un sous-titre, placé sous l’enseigne plus large — quoique typographiée plus petite — de Capitalisme et schizophrénie. L’Anti-Œdipe ne nous parle pas d’abord ou seulement de psychanalyse, mais s’efforce de penser le capitalisme, la schizophrénie, et surtout, la conjonction des deux. L’important est dans la conjonction, dans le « et » ; il ne s’agit pas là d’une simple juxtaposition accidentelle de thématiques, l’une d’ordre économico-historico-sociale, l’autre d’ordre psychologique. Cette conjonction fait signe vers un double enveloppement du phénomène capitaliste et du phénomène schizophrénique : penser le capitalisme à partir des processus schizophréniques, penser la schizophrénie à partir du capitalisme. Lire la suite…

Associations libres sur le divan de L’anti-œdipe, par Stéphane Nadaud. Il s’agira de rebondir, à l’occasion de cette table ronde, sur ce qui a été dit tout au long de cette journée, et ceci en partant du concept (terme entendu au sens guattaro-deleuzien) d’agencement. Notamment en tentant de penser la façon dont je peux m’agencer à L’anti-Œdipe. Il ne s’agira pas ici de partager ou de témoigner d’une expérience – ce qui reviendrait à dire comment j’ai lu L’anti-œdipe – mais simplement d’essayer d’associer librement à partir de L’anti-œdipe. Si l’on veut garder ce terme d’« expérience », disons que je ne suis pas le scientifique qui dirige et observe l’expérience et que le livre n’est pas l’objet de l’expérience : autrement dit je suis également objet de l’expérience et le livre et ses auteurs dirigent aussi l’expérience. Nous sommes, tous deux (quatre), et objets et sujets (de l’expérience). Mais je m’avance… Je parle donc d’associations libres, ce qui peut sembler une méthode curieuse de saisie de ce livre : dans la « cure-type » telle que construite par Freud, l’association libre est le pendant, pour l’analysant, de l’interprétation pour l’analyste ; or vous n’êtes pas sans savoir que L’anti-œdipe, justement, réexamine et remet en question de fond en comble cette méthode. C’est pourquoi je pose que l’exercice peut paraître « curieux »… mais il est assumé. Lire la suite…

De la volonté comme pathos au désir comme production : Schopenhauer, Nietzsche, Deleuze, par Arnaud François. Peu de choses nuisent plus à une philosophie qu’une réputation d’extravagance. Cela me semble particulièrement vrai dans le cas de Deleuze. La limite est ténue entre l’extravagance et la divagation. Plus, sans doute, que pour d’autres penseurs, il importe de faire ressortir les médiations, souvent ignorées, entre les problèmes posés par Deleuze et ceux de la philosophia perennis, comme on dit. Le risque est grand, dira-t-on, de masquer la nouveauté de la pensée de Deleuze, au profit de la continuité entre sa pensée et celle de ses prédécesseurs ; bien au contraire : saisir l’essence de la création, c’est la comprendre comme continuation. La seule alternative à la création-continuation, c’est la création ex nihilo, mais celle-ci n’en est pas une, elle ne peut être que la réalisation d’un possible préexistant, une véritable fulguration.,Je voudrais appliquer cette conception de l’histoire de la philosophie comme actualisation à l’une des grandes doctrines de L’anti-Œdipe, à savoir la théorie du désir comme production, non comme manque. Parmi les prédécesseurs marquants de Deleuze, il en est un qui a explicitement caractérisé l’essence du monde comme désir ou comme souffrance, et cette souffrance ou ce désir comme production perpétuelle de phénomènes : je veux parler de Schopenhauer. Lire la suite…

La promenade de Bergson dans L’Anti-Œdipe, par Nicolas Cornibert. Je voudrais tenter ici de développer ou plutôt d’exploiter à fond une suggestion émise initialement par François Zourabichvili quant à un rapprochement possible à effectuer entre l’ouverture de L’Anti-Œdipe comme mise au jour d’un plan machinique de productivité infinie, et l’ouverture du premier chapitre de Matière et mémoire en tant qu’y est formulée l’hypothèse, comme on sait, d’une identification de la matière à un ensemble d’images déterminées par leurs actions et réactions réciproques. Or, que l’on ait affaire, de part et d’autre, à l’instauration de ce que Deleuze appellera un plan d’immanence ou de consistance n’est certes guère contestable, mais le rapprochement pourrait aussi bien s’arrêter là. On sait en effet, depuis Qu’est-ce que la philosophie ?, que les plans d’immanence sont toujours variés, distincts, multiples dans leur façon d’emprunter au chaos leurs traits diagrammatiques propres, nécessairement pluriels aussi dans la mesure où aucun plan ne saurait embrasser le tout du chaos sans y retomber aussitôt . Lire la suite…

Rêve et interprétation dans L’Anti-Œdipe, par Charles Ramond. Dans L’Anti-Œdipe, Deleuze et Guattari s’en prennent très vigoureusement à la psychanalyse freudienne et à tout le système de contraintes, de mensonges et de pensées pieuses qu’elle véhicule selon eux. On pouvait donc s’attendre à voir figurer en première place la question de l’interprétation des rêves, tant elle est non seulement première à tous les titres, et déjà chronologiquement, pour la psychanalyse, mais à vrai dire tant elle lui est consubstantielle dès sa naissance. Et pourtant cette question, assez étrangement, est quasiment absente de l’ouvrage. Bien plus, la minoration de la question du rêve et de son interprétation s’y accompagne de la conscience explicite, de la part des deux auteurs, du fait qu’ils passent sous silence rien moins que « la voie royale du désir et de l’inconscient (p. 377), ce qui néanmoins et paradoxalement n’entraîne chez eux aucune espèce de justification. L’absence de la question du rêve et de son interprétation est donc étonnante dans L’Anti-Œdipe, au triple titre et de fait et de fait délibéré et injustifié. Lire la suite…

Le Corps sans Organes, image de la pensée et matière de l’être, par Christophe Richard . Le Corps sans Organes est certainement l’écho spinoziste le plus direct et le plus audacieux lancé par la philosophie de Gilles Deleuze. Les thèses de Deleuze sur Spinoza dégagent du système moniste de L’Ethique, du plan d’immanence construit par Spinoza, un postulat ontologique décisif pour saisir l’insistance du motif pluraliste qui constitue l’assise constante de l’empirisme deleuzien. Pour Deleuze, le spinozisme affirme que l’absolu est double, qu’il est et existe nécessairement selon les modalités déterminées de deux puissances distinctes et inséparables. Montrer comment un empirisme radical se doit de redoubler, d’expliquer, l’immanence pour affirmer authentiquement l’univocité de l’Etre était déjà l’une des tâches majeures du livre Spinoza et le problème de l’expression, et Deleuze fera de ce redoublement le schème principal de son ontologie, voire de l’ontologie. Lire la suite…

Pourquoi le corps sans organes est-il "plein" ? par Raluca Arsenie-Zamfir. Observé du dehors, le corps apparaît comme un dispositif biologique complexe, objet de connaissance positive, d’observation et d’expérimentation. Néanmoins, la philosophie parle du "corps vécu", du "vivre incarné" ou du "corps sans organes", faisant ainsi référence à ce qui se trouve derrière les régularités visibles du corps, que la science inventorie avec tellement d’élan. La question que nous aborderons est de savoir pourquoi le corps sans organes est conçu comme "plein" et ce que cette plénitude signifie. La réponse jaillit presque toute seule, puisque Deleuze et Guattari, tout en parlant du "corps plein sans organes", ont plusieurs fois affirmé son contenu essentiellement intensif. Dès le début il faut souligner que le corps sans organes ne conteste pas la réalité de la matérialité tangible. Pourtant, si nous y restions, cette matérialité pourrait altérer et désincarner le corps vivant, tout en le réduisant à une somme des fonctions physiologiques, alors qu’il inclut plus que le mécanisme biologique et qu’il s’en différencie précisément par sa texture intensive. Lire la suite…

   

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