Lieu : Univ Clermont-Ferrand
Dates : 1er-2 octobre 2008
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Le moyen platonisme, selon la dénomination désormais adoptée pour désigner la période qui occupe la deuxième moitié du 2ème siècle ap. J.C. et durant laquelle se manifeste un renouveau du platonisme à travers des auteurs tels que Numénius d’Apamée, Apulée de Madaure, Atticus, Alcinoos mais aussi à sa manière Plutarque, a peu donné lieu, en langue française, à des études d’ensemble, soit de recherches soit de synthèses. Les travaux qui font référence sont, pour certains d’entre eux, déjà anciens (ainsi des textes de P. Merlan, From Platonism to Neoplatonism, La Haye, 1960 et de J. Dillon, The Middle Platonists, London, Duckworth, 1977 ; Der Mittelplatonismus, C. Zintzen éd., Wege der Forschung 70, Darmstadt, Wissenschaftlische Buchgesellschaft, 1981. D’autres plus récents sont en langue étrangère, comme S. Lilla, Introduzione al medio platonismo, Istituto Patritisco Augustianum, 1993. Parmi les collectifs, il faut signaler le volume de l’ANRW II, 36.1 et 2, 1987 consacré au platonisme avant Plotin) ou, pour la plupart, en langue étrangère. Le colloque de Clermont a donc d’abord pour but de relancer les études sur cette période et ces auteurs en prenant en considération les travaux récents et en rassemblant les chercheurs spécialisés sur ce thème. Mais il poursuit un autre objectif. Il s’agit de mieux évaluer l’importance que le moyen platonisme revêt dans notre compréhension de la genèse du néoplatonisme. Car ce dernier s’est développé à partir d’un platonisme déjà renaissant dont il prolonge ou conteste les analyses.
Le PHIER a depuis plusieurs années consacré des travaux à l’Antiquité et à ses rapports avec la philosophie moderne et contemporaine, et s’intéresse particulièrement à la tradition de la métaphysique grecque et allemande. Le colloque de décembre 2007 sur les « Néoplatonismes » qui se déroulera à Clermont-Ferrand souhaite explorer, dans ce cadre, l’identité et l’originalité des différents néoplatonismes et ce qu’il en advient, notamment, dans l’histoire de la philosophie allemande. Ce colloque sur le médio-platonisme s’inscrira donc dans la continuité d’une telle démarche. Par ailleurs, le programme « Subjectivité et aliénation. Métaphysique de la subjectivité et philosophie sociale » (PhiloSubSoc) financé par l’Agence Nationale de la Recherche et coordonné par l’ERRAPHIS de l’Université de Toulouse Le Mirail auquel est associée l’Equipe de recherches Philosophie et rationalités (PHIER) de l’Université de Clermont-Ferrand II, présente un axe « Néoplatonismes » qui permet l’insertion et le soutien d’un tel projet.
Ce programme se propose de chercher comment l’idéalisme allemand, en lequel on peut considérer que s’accomplit la tradition métaphysique dite de la subjectivité, se rattache à la pensée grecque. Pour cela, il faut reconstituer l’émergence des notions de sujet et de subjectivité dans les réflexions propres à ces problématiques grecques afin de pouvoir alors questionner la notion de « métaphysique de la subjectivité » mais aussi afin de poser les bases d’une nouvelle conception de la subjectivité, libérée des critiques que l’on peut adresser à la conception « classique ». De ce point de vue, l’étude des sources néoplatoniciennes et des sources des néoplatonismes s’avère un moment capital de la réalisation d’un tel programme. Car la question de la subjectivité pose le problème du statut des phénomènes noétiques et psychiques dans le platonisme tardif, et bien entendu, celui de l’âme et de l’Intellect et oblige à s’interroger sur la place du soi dans ce dispositif platonicien. Si Plotin, par exemple, fait de l’Intellect une pensée qui se pense elle-même, il semble rejeter l’Un au-delà de toute pensée et de tout rapport à soi. Est-il alors encore possible de faire de l’Un un sujet et une figure particulière de la subjectivité ? La question du sujet se pose-t-elle seulement en deçà du Principe et au niveau de ce qui marque sa dépendance à l’égard du Principe ? Ou bien y a-t-il place pour une pensée de la subjectivité de l’Un qui ne serait pas de l’ordre de l’auto-réflexivité ? Or, ces questions reconduisent au moyen platonisme car la question du statut de l’Intellect et celle de son rapport à l’Un sont des questions centrales dans le médio-platonisme, puisque ce dernier se trouve au confluent de l’aristotélisme, qui érige la pensée de la pensée en Principe premier et du platonisme, qui accorde au Principe une transcendance radicale. C’est pourquoi il nous paraît essentiel de reprendre à nouveau ces questions et d’interroger cette confrontation, en proposant que le colloque se concentre sur le statut et les rapports de l’Intellect et de l’Un dans le moyen platonisme.
Conference organized by Sylvain Roux and Alain Petit under the programme of PHIER and in association with the ANR programme “Subjectivity and Alienation”.
Middle Platonism can be understood to designate a current of thought that occupied the second century A.D wherein a we can see a renaissance of Platonism in such authors as Numénius of Apamée, Apulée of Madaure, Atticus, Alcinoos, and, in his own way, with Plutarchus. This period has so far not occasioned a collective effort in the French language, be it in the form of research or of synthesis. The work that so far is being referenced to is mostly in foreign tongues (See for example the texts of P. Merlan, From Platonism to Neoplatonism, The Hague, 1960 ; J.Dillon, The Middle Platonist, London, Duckworth, 1977 ; Der Mittelplatonismus, C. Zintzen (ed.), Wege der Forschung 70, Darmstadt, Wissenschaftliches Buchgesellschaft, 1981. Other, more recent texts are also in foreign tongues, e.g., S. Lilla, Introduzione al medio plationismo, Instituto Patritisco Augustianum, 1993. Among the collections we mention the volume of ANRW II, 36.1 and 2, 1987, devoted to Platonism before Plotin). The conference thus first and foremost aims to relaunch the study of this period and its figures by focussing on recent work being undertaken and by bringing together specialist researchers of the field. But there is second objective : to better evaluate the importance of middle Platonism to our understanding of the genesis of neo Platonism. Neo Platonism originated in a departure from a Platonism that was already a rejuvenation, one which it both prolonged and contested in its analyses.
PHIER has for several years devoted itself to the study of Antiquity and to its relation to modern and contemporary philosophy, especially the metaphysical tradition of Greece and Germany. The conference on middle Platonism aims to continue this effort. Furthermore, the programme “Subjectivity and Alienation : Metaphysics of Subjectivity and Social Philosophy” (PhiloSubSoc), financed by the National Research Agency (ANR) and coordinated by ERRAPHIS of the University of Toulouse - Le Mirail, to which is linked the Research Group of Philosophy and Rationality (PHIER) of the University of Clermont-Ferrand II, is pleased to present the new programme “Neo Platonisms” in which the above project will be inserted. This programme proposes to investigate how German idealism, which can be considered as the completion of the metaphysical tradition of thinking subjectivity is linked to classical Greek thought. Hence a problematization of the notions of subject and subjectivity in Greek thought becomes necessarily in order to address the question of the “metaphysics of subjectivity”. It is for this reason that the study of the sources of neo Platonism and neo Platonists is of capital importance for the realization of such a project.
The question of knowing whether such a problematic of subjectivity can be found in Greek thought poses the problem of the nature of noetic and psychic phenomena in late Platonism, as also those of the soul and the Intellect. This demands a questioning of place of the self in Platonism. Yet, such questions lead us back to middle Platonism since the question of the nature of the Intellect and its relation to the One constituted its central questions. The question of the One is found in a confluence of Aristotelism that raised the thought of thought to its primary Principle with Platonism that attributed a radical transcendence to the Principle. It is for these reasons that it is essential to ask anew such questions and to investigate this confrontation of traditions. It is this that makes the statute and nature of the Intellect and the One in middle Platonism the theme of the conference.
1. L’Un.
9 h : J. M. Zamora (Université de Madrid) : « L’hénologie de Modératus de Gadès »
9 h 45 : A. Petit (Université de Clermont-Ferrand) : Peut-on parler d’hénologie chez Numénius ? (titre provisoire)
11 h : A. Charles-Saget (Université de Paris X-Nanterre) : « Transcendance et théologie négative avant Plotin »
2. L’être.
11 h 45 : S. Roux (Université de Poitiers) : « Epekeina tês ousias : une formule platonicienne chez Numesius et Alcinoos ? »
15 h 45 : F. Trabattoni (Université de Milan) : « La métaphysique de l’Exode : ontothéologie chez Philon, Numénius et Plutarque »
17 h : L. Lavaud (CPGE Montpellier) : « La connaissance de soi chez Numénius et sa critique par Plotin »
3. L’Intellect.
9 h : B. Castelnérac (Université de Sherbrooke) : « La fragmentation de l’Un dans le multiple : une métaphore du khôrismos »
9 h 45 : M. Zambon (Université de Padoue) : « Logos divino e logoi creaturali nella teologia de Origene di Alessandria »
11 h : M. Bonazzi (Université de Milan) : « Longino e le idee di Platone »
11 h 45 : A. Michalewski (Université de Paris I) : « L’intellect divin et son rapport aux intelligibles chez Longin »
4. Dieu et l’Univers.
15 h : L. Brisson (Centre Jean Pépin, UPR 76/CNRS) : « L’Un, le Père, l’Intellect dans les Oracles chaldaïques » (titre provisoire)
15 h 45 : A. Balansard (Université d’Aix-Marseille) : « Figures du démiurge chez Plutarque, Galien et Alcinoos »
17 h : P. Hoffmann (EPHE) : Titre à préciser