
Journées d’études organisées par Alain PETIT et Sylvain ROUX, pour le PHIER de l’Université de Clermont-Ferrand, dans le cadre du programme « Subjectivité et aliénation » de l’Agence Nationale de la Recherche et du Stage intensif de la formation Erasmus Mundus EuroPhilosophie à l’Ecole Normale Supérieure de Paris.
Journées organisées en partenariat avec le Centre Jean Pépin, CNRS/UPR 76 et le Centre International d’Etude de la Philosophie Française Contemporaine de l’ENS-Paris
TEXTES EN LIGNES TELECHARGEABLES ICI
DATE : 1-2 avril 2008
LIEU : Centre Jean Pépin
(CNRS/UPR 76)
7, rue Guy Môquet / 94801 Villejuif
Métro : Ligne 7, Station : Villejuif Paul Vaillant-Couturier
Tél : 01 49 58 36 63 /
PROGRAMME :
Mardi 1 avril : Hénologie, ontologie, immanence
09 h 30 :
Camille RIQUIER (Université de Paris IV-Sorbonne) : « Pour une lecture
néoplatonicienne de l’histoire de la métaphysique : Bergson, Ravaisson, Deleuze ».
10 h 30 :
Guillaume SIBERTIN-BLANC (Université de Lille) : « Au-delà de l’être,
évènement, conversion : la leçon du néoplatonisme dans la pensée deleuzienne de
l’immanence ».
14 h 30 :
Marc ROELLI (Université de Darmstadt) : « To bring ontology to an end. Deleuze’s
critique of (neo)platonism ».
15 h 30 :
Matthias VOLLET (Université de Mayence) : « De Plotin par Bergson à Deleuze : l’Un multiple virtuel ».
Mercredi 2 avril : La vie, le soi, la subjectivation
09 h 30 :
Gwenaëlle AUBRY (Centre Jean Pépin, CNRS/UPR 76) : « Vie et virtualité chez Deleuze et Plotin : différences et répétitions ».
10 h 30 :
Isabelle KOCH (Université d’Aix-Marseille) : « Quelle est la singularité du
moment néoplatonicien dans l’Herméneutique du sujet ? »
14 h 30 :
Sylvain ROUX (Université de Poitiers) : « Subjectivation, assujettissement et
connaissance de soi chez Plotin et Foucault ».
15 h 30 :
Alain PETIT (Université de Clermont-Ferrand) : « La disparition de soi. Le Plotin secret de Foucault ».
Plus discrète que celle du platonisme dans la philosophie française, contemporaine notamment, la présence du néoplatonisme n’en est pas moins réelle et tout aussi importante pour la compréhension des problématiques et des analyses qui s’y trouvent développées. Elle n’a pourtant pas fait l’objet d’études spécifiques et cette présence n’a même que rarement été soulignée. G. Deleuze, par exemple, renvoie à plusieurs reprises à des néoplatoniciens, à Proclus et à Damascius en particulier dans Différence et répétition, mais surtout à Plotin dans Spinoza et le problème de l’expression ou dans les dernières pages de Qu’est-ce que la philosophie ? Les analyses d’E. Lévinas sur le Bien au-delà de l’être et sur la notion de trace (développées dans Totalité et Infini et dans Autrement qu’être ou Au-delà de l’essence) ne sont pas compréhensibles sans leur inscription dans le contexte néoplatonicien où elles trouvent leur origine. De même encore, les analyses de G. Bataille, dans L’Expérience intérieure, renvoient à plusieurs reprises au Pseudo-Denys et à Maître Eckhart et la Théorie de la religion évoque le cas du dualisme de l’Antiquité tardive pour relater la situation de « l’homme de l’intimité perdue » et les échecs de ce même dualisme à restaurer cette intimité. Ce ne sont là que quelques exemples qui ne sauraient épuiser les références possibles. Mais de quel néoplatonisme y a-t-il présence ? Car on voit bien que les philosophes français se réfèrent à des auteurs différents. C’est que le néoplatonisme historique est lui-même multiple et la diversité des références n’est que le signe de cette multiplicité. Il s’agira donc d’abord de rester attentif à cette multiplicité, à ce qu’elle signifie c’est-à-dire à ne pas unifier artificiellement le néoplatonisme afin non seulement de respecter les formes de son développement mais aussi de comprendre les raisons pour lesquelles, dans leur propre réflexion philosophique, certains auteurs contemporains privilégient une de ses formes par leur choix de références. Mais il convient aussi de s’interroger sur les raisons ainsi que sur les voies d’un tel renvoi ou d’une telle réappropriation dans la philosophie française contemporaine, notamment en s’interrogeant sur les différences qui peuvent se manifester dans le rapport qu’elle entretient par ailleurs avec le platonisme. Car si elle a pu contester ce dernier, voire se construire contre lui, elle semble s’engager davantage, dans sa référence au néoplatonisme, vers une forme de dialogue moins polémique où elle croit trouver l’un des moyens d’affirmer sa propre originalité. C’est à explorer ces deux questions (Quels néoplatonismes dans la philosophie française ? Quelles sont les raisons de leur présence dans la philosophie française ?), par ailleurs indissociables l’une de l’autre, que voudrait se consacrer cette rencontre.