Plateforme Recherche - Europhilosophie

Axe Fichte et Schelling du programme ANR

- Il s’agit tout d’abord de se livrer à un examen critique des philosophies de Schelling et de Fichte autour de la question de la subjectivité ou du moi, pour autant que leur opposition, dans les méprises qu’elle véhicule comme dans les motifs qui la justifient, est exemplaire du partage qui oppose métaphysique de la subjectivité et métaphysique de la nature (Naturphilosophie).

- Depuis sa réception critique de L’exposition de mon système de Schelling en 1801, Fichte n’aura cessé de contester le « tournant » de la philosophie transcendantale en direction de la nature en laquelle, anticipant les vues mêmes de Schelling en 1809, il voit un fondement objectif et obscur de l’existence ou de l’apparaître. A ce tournant il aura, au fil des exposés successifs de la Doctrine de la science, constamment opposé la ligne directrice de la philosophie transcendantale, qui est de s’en tenir, afin de déterminer les conditions de l’apparaître, au seul fondement susceptible de se manifester dans la lumière même de l’apparaître. La Ichheit, c’est-à-dire l’« ipséité », est pour Fichte cette auto-intuition par laquelle l’unité opaque et recluse de l’être est dédoublée, fracturée et réunie à soi dans une duplicité persistante : c’est-à-dire devient vie subjective. Une vie subjective, qui jamais ne se clôt sur soi, ni se laisse reprendre à partir d’un fond (Grund) obscur, mais est essentiellement « satisfaction de soi, joie prise à soi-même, jouissance de soi ». Dans quelle mesure cette compréhension du fichtéanisme ruine t-elle la critique Schellingienne ? Jusqu’à quel point le Fichte intermédiaire et tardif intègre t-il les critiques de Schelling à sa propre construction ? Quelle place assigner au sein de l’histoire des philosophies de la réflexion au concept de réflexion élaboré par Fichte dans cette période ? Comment caractériser respectivement les spinozismes de Schelling et de Fichte ?

- En vue de structurer les recherches liées à ce projet une opération de recherche sera menée à travers les séminaires fichtéen et schellingien du programme sur le dialogue serré mené par Schelling et Fichte dans leurs œuvres respectives au-delà de la rupture de leur correspondance en 1802 (qui est le seuil où s’est arrêté la recherche jusqu’à présent). Les travaux les plus récents sur les cours de la période berlinoise (1810-1813), jusqu’ici totalement ignorés de la recherche française (en lesquels Fichte explique son spinozisme, récuse toute fondation subjectiviste de l’apparaître, et met à jour la loi phénoménologique fondamentale du Sicherscheinen pré-réflexif, non egologique), seront notamment mobilisés afin d’ouvrir une confrontation inédite avec Schelling. Cette recherche s’inscrit dans le cadre de la recherche européenne vive comme l’atteste la parution en 2005, sous la direction de J. Jantzen, T. Kisser et H. Traub, d’un important volume des Fichte-Studien entièrement consacré à la correspondance Fichte/Schelling. Elle bénéficiera de l’appui de l’Internationale-Schelling-Gesellschaft et de l’Internationale-Fichte-Gesellschaft.

- Les recherches menées aboutiront à l’organisation d’un Congrès commun de l’Internationale Fichte-Gesellschaft et de l’Internationale Schelling-Gesellschaft qui aura lieu à Bruxelles du 6 au 9 octobre 2009 sur le thème : "Fichte/Schelling. L’idéalisme en débat".

INFORMATIONS ET PARTICIPATION AU CONGRES FICHTE/SCHELLING 2009

   

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